le site de Lys
  Musicalarue 2008, photo Benjamin Pavone
 
  
  


& de Patrick
"Barbey 20 ans", photo Bruce Milpied 2009


 
 
 
 

 
 

Scarzello & Lys slowmotion orchestra
la formation actuelle :

avec Stéphane à la batterie  (Skull Duggery),
Olivier à la basse  (Heartbeeps, Hurly Burlies),
Thomas Sinier à la guitare et à la réalisation (Corde Brève) 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Sans chichis, ni flonflons, une musique en équilibre fragile entre chansons et rock décharné. Lunaire (« Les Sélénites »), charnel (« Blindé de velours ») mais aussi persifleur sur le plus franchement garage-rock « Le bruit du canon ». Où le très compétent et solide Slow Motion Orchestra lâche un peu les chevaux sans pour autant perdre de vue l’ambiance ou l’idée générale. Humour à discrétion et élégance sans pose, c’est une constante, avec le doigt pointé sur les humeurs qui passent ou les travers du quotidien balayés d’un revers de main et de quelques noueux accords de guitares.

Nous aimons ici le son direct et sans inutiles artifices, le rendu physique de la basse au son plus rond qu’une forêt de pipelines. Et les gracieuses arabesques des meneurs de revues, Monsieur et Madame ScarzelloLys, qui continuent à danser sur ce mince fil tendu au dessus de la mêlée. Funambules aux airs de grands enfants, qui s’amusent du monde pour en faire des chansons. Sept titres pastel, ce n’est pas si courant !

Alain Feydri, "Abus Dangereux" 
 
 

... Leur approche entre cabaret, poésie et attitude punk fait d’eux l’une des fiertés de la scène rock bordelaise.

Jean-William Thoury, "Jukebox magazine" 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

En trois ans, les choses ont sacrément bougé chez nos potes de Bordeaux. Juste après leur excellent mini-LP "De bon matin en robe du soir…", Patrick Scarzello et Lys Reygor fondèrent la Poupée Barbue, combo rock'n'roll qui traversa le sud-ouest par des concerts endiablés et puissants. Quelques titres plus tard, ils partaient vers un nouveau projet, le Scarzello et Lys Slow-Motion Orchestra... 

"Blindé de Velours" pose le débat dès l’ouverture par sa rythmique qui parvient à être à la fois martiale et groovy, dans la même lignée que le "In Cold Blood" de Johnny Thunders. "Le Bruit du Canon" part comme une loco à toute allure, guitares tranchantes et rockabilly, proches de Johnny Kidd, avec des interventions d'orgue très sixties sur le pont. Les ballades Rythm & Blues sont bien là, pour notre plus grand plaisir : "La peau dure" bien sur, avec son pont en forme de menuet - évocation de "Mes regrets" de Michel Polnareff - et les irrésistibles "Sélénites", parfaits morceaux pour nos déambulations dans la ville endormie. Lys Reygor, extraordinaire comme toujours, entre Ingrid Caven et Catherine Ringer, ajoute cette touche de lyrisme qui donne tout son piment à l'affaire. Sa voix de diva sur "Aladin", titre en hommage à Alain Pacadis, envoie le morceau dans une autre dimension. Patrick Scarzello, toujours en verve, nous revient toujours nourri de ses obsessions fin de siècle, parti dans un univers peuplé de fringues rares et de héros maudits. "Blindé de Velours", "Bloody Stockings", cet art du détail, qui peut sauver une vie, car il lui donne un sens, une Vérité. Et toujours ce verbe jouissif et élégant : "Quand l'esprit a raison et que le cœur l'ignore / pourquoi dit-on à raison que le cœur a tort ?". Ici encore, on sort heureux et frustré de ce voyage à l'intérieur d'une certaine idée du rock. Et citer Jean Lorrain dans leurs chansons n’est pas la moindre des choses qui contribue à faire de Scarzello, Lys et leur Slow-Motion Orchestra des amis chers.

Frédéric Antona, extrait de popnews.com
(photo Lichen Boy, Le Fiacre)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

"... La réponse de Scarzello & Lys, groupe bordelais, frappe juste, car elle tape à côté. Eviter le centre, pour mieux y toucher. Se défaire des étiquettes rock, les couper, s’amputer des racines trop encombrantes, pour emprunter d’autres chemins. La chanson française, de Django à Taxi Girl, sans jamais tomber dans la beuverie rock indé’ que d’autres défendront en parlant du même groupe. Tout est question de point de vue, comme toujours, et Slow motion orchestra reste un ballet made in french où les guitares saignent comme un Clash qui cherche ses garçons. 

Beau violent. Utile éphémère. Central périphérique. Le Slow motion orchestra ressemble à une famille dont les membres auraient été étirés à l’extrême, laissant apparaître les bouts de chair distendus: les nervures y sont visibles, et la sensibilité à son maximum. Gloire à Aladdin Pacadis. Quelques minutes plus tard, le cri s’éloigne ad lib, et les peaux en tremblent encore, de ce rock qui ne dit pas son nom, autrement que par le filtre de ses idoles".

Bester Langs, extrait de gonzaï.com
(photo Lichen Boy, Le Fiacre)
"Ca m'a fait un peu penser aux Rita Mitsouko des débuts..." 
Johnny Mallarmé
 

"Bien reçu votre disque que j'écoute avec délectation !" 
Pierre Mikaïloff 

 
 
 
 




 "Le Palais Nibo & ses pensionnaires",  photos Jean Rougier



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

"... Tout a pris une sérieuse ampleur avec le groupe, ne serait-ce que par l'aspect visuel de la scène, que vous occupez maintenant totalement. Les musiciens correspondent à votre manière d'être, ça colle, surtout sur des morceaux comme "Chéri darling" ou "Le dernier des tailleurs de pierres" : version terrible j'ai adoré, surtout placé à la fin..."
Franck Lantignac (Ulan Bator, etc)
"Une semaine qui débute bien au Fiacre, avec les chansons pleines de poésie punk (si !) de Scarzello & Lys et du Slow Motion Orchestra (dream team plus que backing band...) venus accueillir leurs amis parisiens de Guttercat & The Milkmen, esthètes d'un rock'n'roll placé sous les auspices de Saint Jean Tonnerre et des briseurs de cœur..." 
Captain, Novaplanet
 

"... me trompe-je ou vous avez repris"I Saw Her Standing There" des Beatles à un moment (avec des paroles différentes) ? En tout cas la basse y ressemblait fortement ! " 
Aurélien (myspace)

"Bravo pour hier soir, votre formule Slow MOTION Orkestra fonctionne à fond ! En plus, le son était bon et laissait la part belle aux paroles (très important).  Les voix donnent tous leurs effets (non, non, Lys, ça ne s'entendait pas que tu étais enrhumée). J'ai noté en outre de nouveaux titres tout à fait sensationnels, notamment "Anges de glaise"... "
Hervé Despujol

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


"... le Scarzello & Lys Slow Motion Orchestra distille des mouvements lents et vénéneux face à un background martelé et nacré. Un répertoire "cabaretsixtiespunk" de toute grâce, précipitant des compositions en chute libre. Au milieu, se jouant de cette tragédie baroque, un ange dont la vocale poésie lyrique et dramatique pouvait rappeler Monique Andrée Serf. A ses côtés, son dandy démantibulé à l'esthétique "défixée", le mot juste et cinglant -"Mon ami s'est jeté du pont de pierre..." La contestation ou la poésie ne peuvent se faire dans une autre langue que la nôtre. 
Lors d'une "Dernière danse", Patrick Eudeline les a rejoints, tignasse électrocutée, regard vitré, nous livrant une intelligente définition du punk. Sur tout ça je ne reviendrai pas, fallait être là. Juste que si j'avais eu 17 ans à cet instant, je montais un groupe dès le lendemain matin..."

Yod°,"Clubs & Concerts", déc-janvier 2008 
+ photo noir et blanc

 
 
 
 
 

Jon "slowmotion" Smith 
(photo Nikolas Ernult 2009)

"J'ai vraiment aimé les compos, la musicalité égrainée par Jon Smith, les chutes rageuses, le martelage du rythme, le texte..."
Yod°


 
 
 
"... la plume affûtée de Patrick Scarzello, auteur de plusieurs albums cabaret rock"
Pascal Bertin, "Volume"

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Emission "En chantier", animée par Moan sur Radio Campus
(juin 2008) 

photo Fête de l'Huma, Benjamin Pavone
Moan : on ne va pas tomber dans les obligations de politesse, commençons par Patrick, comment faut-il te présenter ?

Patrick : auteur, interprète, tout y est.

... et Lys Reygor, elle chante, compose et est aussi plasticienne ?

Lys : oui, ce qui recouvre plein de choses. A la base, c'est le dessin et la peinture, auxquels s'ajoutent des installations et des performances... chose importante, je suis attachée au trait, au gribouillage.

Vous avez à la fois des activités bien personnelles, et d'autres en commun ?

Lys : d'évidence avec le Scarzello & Lys slow-motion orchestra... J'ai de mon côté commencé à avancer "Massacre aux deux chocolats", façon B.O. de films, un hommage au cinéma et aux films de genres, fantastique, gore, horreur, etc. Ce sont aussi des chansons, et Patrick intervient en débutant aux percus, xylophone, etc ; plus parfois une seconde voix.

Il y a aussi ce 7 titres du groupe, et c'est presque par hasard que vous êtes invités, tant j'ai souvent pensé à le faire, et puis...

Lys : on comprend, c'est pour ça qu'on se dit Slow Motion, il faut du temps pour tout.
Patrick : on est tardifs c'est vrai, mais après on ne lâche plus...

Il y a aussi eu pas mal de choses avec les éditions Le récif...

Patrick : ...disques et bouquins qui sont, depuis cette année, distribués via le catalogue Vicious Circle ; ça fait plaisir, d'autant qu'"Abus Dangereux" a régulièrement parlé de tout ce qui sortait. Et le CDr se voit labellisé "Le Récif" de fait, même si tous les musiciens sont bien sûr partie prenante. 

Ce côté fait à la maison, c'est une volonté ou une structure type major n'a pas été motivée ?

Lys : c'est qu'on n'a pas cherché, surtout...
Patrick : dans le groupe, y a Jon Smith à la guitare, et un excellent label rock bordelais s'intéresse à son duo Corde Brève (on ne peut encore le citer, car pas encore signé...) ; idem pour les Heartbeeps, le groupe du bassiste Olivier a publié un 45 tours avec Frantic City... Ce serait cool si quelque chose de cet ordre se passait avec des indés.
Lys : on n'a jamais eu de rêve de major, ce qui compte c'est le mode de vie inhérent à tout ce qu'on fait.

Fête de l'Huma, photo Benjamin Pavone
D'autant que peut-être aussi la major ne soigne guère le côté musical et sa présentation, aujourd'hui...

Lys : de toutes façons, on nous prend globalement pour des freaks, donc je doute de leur intérêt...
Patrick : et puis l'été arrive, tu te rends comptes qu'il sortent encore et toujours de la daube d'été, et des fois j'me dis qu'ils ne vont pas encore assez mal. Ton côté plastique se retrouve sur la pochette, est-ce plus motivant qu'un fichier MP3 ?

Lys : j'ai fait mon petit dessin, en proposant aux musiciens de les dessiner avec une tête d'animal, et chacun devait dire son animal fétiche, j'ai eu des surprises (rires) 
Patrick : ... on a eu ce que demandé.
Lys : le batteur tout fin et grand, a chosi d'être en hippopotame super-musclé, le guitariste petit et mignon, a voulu apparaître en puma, le bassiste qui est extrêmement élégant a choisi le fourmillier, il se retrouve tamanoir ; Patrick en lapin, et comme j'aime les félins, suis en chatte, ce qui fait une ménagerie bien singulière...

Vous annoncez un CDr 7 titres, c'est pour le côté indé ?

Patrick : pour l'aspect évident de ce qu'est l'objet, avec pourtant une qualité qui provient du son respectif et du style des musiciens réunis, Stéphane sonique à la batterie, Olivier à la basse de feu, et Jon Smith à la fine réalisation artistique et aux arrangements, en plus des grattes. Je sais que certaines choses qui sortent dans le commerce ne réunissent pas tout ce qu'on y a mis, et en même temps on l'a dupliqué sur un putain d'ordi à la maison... C'est "fast 2008", mais ce qu'on y a mis est d'une autre teneur, plus Slow motion (sourire)...

On pourrait suggérer aux majors de faire leurs saucissons d'été sur des CD rewritable, ainsi on pourrait réenregistrer dessus ce qu'on veut... Chez vous, on sent le travail sur le son, mais également une chaleur, et puis ça n'a pas été trop compressé...

Lys : pour ma part, je déteste ça, ça devient catastrophique.
Patrick : a contrario, Radioactivity.fr nous a proposé de faire un enregistrement en analogique (qui donnera peut-être lieu à un 45 tours avec leur label), ce qui va dans le sens de ce qu'on dit.
Lys : avec des prises de voix et d'instruments spontanées, puisqu'on en a fait très peu, quasiment deux par chanson, pareil pour les musiciens...
Patrick : en même temps, il y a un super musicien-réalisateur à la table, qui rajoute de l'orgue, qui fait faire des voix comme personne n'avait su nous en demander jusque-là, qui met en confiance ; et si ça sonne, c'est aussi grâce au jeu fortiche de chaque instrumentiste. Je trouve qu'il y a du résultat.

Et du relief... 

Arrive cette soirée à la Politique de Bordeaux, autour de Bukowski (avec Poussière éditions, qui publie un recueil). Quand on vous connaît, on imagine des rapprochements, même peut-être une sorte de nourriture ?

Lys : Oui, il en fait partie.
Patrick : je suis content du comment cela s'est goupillé. Les Kid Bombardos nous ont vus jouer à la fête de l'Huma, et les Good Old Days précédemment lorsqu'on est passés à la Politique pour les soirées "Daho je t'aime" et "Louis Liard". Ca fait plaisir d'être associés à des gens biens, cool. Quant à Bukowski, j'ai lu récemment ses "Correspondances", et me souviens du bandeau de la première traduction 70's française, qui titrait "le Céline punk"... ce qui nous parle à tous deux. 
Lys : je n'ai pas tout lu, mais il y a forcément quelque chose de la vie en marge qui peut nous rapprocher de lui, sans que ce soit notre auteur de chevet, même si on apprécie.

Patrick : de toutes façons, c'est le rock qui a fait le lien. Il se trouve que Poussière éditions de Sète, est un éditeur que j'ai connu via Olivier Martinelli, qui a publié le livre "Fanzine", où il parle peu ou prou des Kid Bombardos qu'il connaît bien, pour des raisons familiales mais pas seulement... Dans son livre, il cite Daniel Darc, les Smiths, etc. Ensuite sort le recueil "Demande à... Bukowski" qui donne lieu à la soirée... et la boucle est bouclée.

D'ailleurs quand vous vous retrouvez à une soirée, s'il y a concert, il se passe d'autres choses également...

Patrick : peut-être plus autrefois... Durant la saison 2006-2007 avec la Poupée Barbue, on n'a fait que concerts et festivals. Cette saison a effectivement démarrée pour le Slow Motion, avec une soirée "Génération punk" au ciné Jean Vigo, autour du film sur Thunders en compagnie de Patrick Eudeline (cf. radionovart.com). Et il y a pas mal eu de rendez-vous à thèmes entre-temps... Certains tiroirs s'ouvrent parfois en même temps, ça donne plusieurs éclairages...
Lys : en groupe on a une logistique différente, avec pas mal à transporter, c'est aussi bête que ça. 

Patrick : sans compter que c'est devenu des concerts quatre-fromages, avec des groupes qui défilent, et je trouve ça dommageable, cette multiplication qui est liée à la parcellisation... J'aime vraiment arriver pour une ouverture et voir juste un groupe derrière... Alors qu'on s'est mis dans le rock à faire comme partout, il faut rajouter du nombre pour le nombre, comme les visites sur le Web qu'on comptabilise... cette prolifération à outrance du "plus y en aura, mieux ça sera"... évidemment fausse.
Lys : on n'a ni le temps d'installer un univers, ni pour les spectateurs de rentrer spécifiquement dans un monde ; du coup, je ne fais pas spécialement d'installation pour le groupe, sauf par exemple sur une date qui le demanderait...

Patrick : reste qu'à cette soirée, on sait les gens de La Politique vraiment accueillants, les Kid, les Good et les Minuscule vraiment bons ; il va se dégager quelque chose d'ensemble, sur lequel on se retrouve. 
Lys : Et puis c'est un peu le fonctionnement du moment...

Fête de l'Huma, photo Benjamin Pavone
Même si trop de propositions contribuent à un effet kleenex finalement ?

Lys : tous les groupes sont un peu plus "juke-box" qu'avant, c'est une évidence.
Patrick : je trouve ça épouvantable de constater qu'il y a parfois tant de gens qui parlent dans la salle et font autant de bruit que le groupe qui est sur scène, sonorisé en plus... 
Lys : c'est fini le silence religieux... (sourire) Mais on peut toujours capter les gens, leur amener quelque chose ; mais ça n'est pas gagné d'avance, puisqu'ils viennent plus pour passer une soirée, que pour écouter un groupe en particulier.

Y a-t-il d'autres choses à signaler en ce moment ?

Patrick : avec le Slow Motion Orchestra qui l'a composée, on est en train de faire la chanson du film de Yann Kerninon (essayiste, magicien, performer, etc) et Sébastien Lecordier, "Paris-Zurich-Berlin" pour Atopic production, sur les traces imaginaires de Dada. 
Lys : ... et je fais la musique du film, les parties instrumentales. Ce qui motive, c'est que Kerninon est un philosophe, on est assez d'accord avec ce qu'il raconte, la vie en opposition, la volonté de choisir d'autres voies... ; et puis se retrouver sur la piste du mouvement dada, qui m'a toujours passionnée, et faire de la musique sur un pareil film, c'est une superbe proposition.
Patrick : ce moyen métrage sera destiné aux chaînes du câble ou peut-être Arte, tourné en août-septembre, avec un concert avant décembre à Bordeaux, pour capter live les choeurs des protagonistes, et les images de la chanson que j'ai écrite spécialement, "L'air de rien dans la tête". Elle servira, comme un gimmick symbolique, à stimuler l'effort du pédaleur, puisqu'ils fera ce périple à vélo (15OO km en 15 jours), en s'arrêtant dans des endroits chargés comme Verdun, avec en sus des éléments biographiques.
Lys : mais c'est un drôle de sportif Kerninon, car il fait la route à coups de gros cigares et de calva. 
Patrick : ... sans parler du dopage dans le milieu ! (sourire)
 

PS : dernières nouvelles 2009, "Corde Brève", le disque du guitaro paraît chez Vicious Circle ; et "Paris-Zurich-Berlin" en cours de montage, deviendra un long métrage.
 
 
 


 
 














 
 
 
 
 
 


 
 
 
 
 
 
 

"rien trouvé de mieux que la réunion d'un band..." 

Interviou de Patrick Scarzello par Didier Duyats
pour "Cafzic" n°46, février 2008
(version short dans le fanzine papier) 

Parce qu'il est intéressant parce que différent, parce qu'il a un vrai parcours qui dure, parce qu'on parle peu de lui, parce qu'il a une culture punk... Et puis tout simplement parce que nous ne savons pas encore tout de lui. J'ai donc fouiné du côté non officiel. Résultat en mots.

  didier ddduyats : J’ai lu que tu étais défini – entre autres - comme un “multiactiviste de la chose rock et artistique depuis la fin des années 70 “ Et avant 1976, tu faisais quoi ? 

patrick : Hoops... n'était-ce pas l'enfance dans une bulle intersidérale !? Je dévorais des Marvel comics dès qu'ils sont apparus dans "Fantask", plus les petits formats noir et blanc ; en alternance avec les "Maghella" et autres "Contes féérotiques". J'étais fan de Bruce Lee depuis "Big boss" et fasciné par la série "Le prisonnier". J'écoutais la radio, et c'est d'abord en VF que j'ai aimé les Beatles, la country, la Tamla, les grandes chansons américaines, etc. Y a eu Boris Vian en totalité, "Le désert des tartares" de Buzzati, "Les robots" de Van Vogt. Et l'on me disait qu'il fallait avoir peur des blousons noirs, ce qui m'attirait, rien que de les entendre nommer. J'ai un souvenir d'enfance 70's, un dimanche midi super-chiant avec mes parents. Y a un chevelu avec une guitare acoustique dans le restau, ma mère doit le maudir, il s'apprête à partir. C'est un cliché impressionnant tant tout y était, je le revois souvent : la route et l'aventure juste à la porte qu'il va franchir, la liberté du musicien qui trimballe son instrument partout comme il veut, l'androgynie qui jure avec l'ordre alentour. Et tout le rejet qu'il incarne d'évidence, qui moi m'inspire. Avant Rotten ou Métal U, l'un de mes premiers sniffs de vraie vie.

 Quelles sont “les obsessions originelles de ton adolescence” ? Les as-tu gardées et regardées grâce à ta pratique artistique ? 

Ne pas travailler pour pouvoir juste payer son dû, choisir plutôt que subir, ne pas s'offrir une fille mais caresser l'âme soeur, écrire ou chanter un jour ce que je ne savais dire, ne pas reproduire le pire des parents et de la société dont l'hypocrisie me transperçait, vivre pour autre chose qu'une carrière, le pouvoir, etc. Le punk m'a ouvert à tout, et ce qui va avec l'artistique s'est imposé au fil du temps, jusqu'à devenir réalité(s). Alors oui, peu pou prou et tant pis si ça fait prétentieux, je suis celui que l'ado imaginait... enfin, l'aurait préféré ce ptrcKscrzll-là... tu le vois !? Et non pas celui qui te répond... Mais je ne savais ni que ce serait toujours plus compliqué, ni que ça changerait finalement si peu... en ayant autant raison si tôt ! (sourire).
 
 


 festival Novart Bordeaux, au ciné Jean Vigo 

Qu’est ce qui t’a fait tomber dans le chaudron du rock ? Avais-tu des prédispositions, et si oui lesquelles ? 

Toutes : j'trouvais ma famille pas cool et ne partageais aucun de leurs souhaits, le monde adulte paraissait vraiment trop laid quel que soit le côté observé, et je ne m'aimais qu'à moitié... Mais ça a pris du temps... pas étonnant que notre nouveau groupe s'appelle le Slow Motion ! J'en ai d'ailleurs fait un titre l'an passé avec la Poupée Barbue, qui compile le No Escape éternel, "30 ans (et une dent)"... contre le monde, évidemment, et puis comme celle qui a poussé par devant.
 

"... surtout avec les super-musiciens qui, cette fois encore, nous portent et nous transportent."
 

L'Orchestre est-il irrémédiablement dé-Vidé, qu’est ce qui te ferait reprendre la route seul en scène ?

Tout reste toujours permis... Mais comme formation, je n'ai rien trouvé de mieux que la réunion d'un band : aussi fragile et fort à la fois, explosif, qu'exaltant et magique. Quand t'as connu ça, c'est difficile de s'en passer. Surtout avec les super-musiciens qui, cette fois encore, nous portent... et nous transportent. Tout seul, c'était le plus raide et le plus à poil imaginable (sans instrument ni rien). Et n'ayant ni la présence d'Alan Vega, ni l'écriture ou le jeu d'un Willie Loco, faudrait beaucoup me pousser... 
 
 

Scurs, Asphalt Jungle, c’est quoi le plus facile pour apprendre à chanter ?
(sourire) Sans oublier que les Scurs ont été un grand déclencheur, puisqu'ils m'ont invité courant 80's sur la scène du Jimmy, que j'ai fait mes premières chansons et commencé à me produire avec Xavier Barea, l'un des guitaristes, et ensuite fait plus d'une longueur d'album durant les années 90 avec leur compositeur Dany Boy (cf. "Les armées de verre soufflé" et "La Reine Gore") il faut quand même dire que, plutôt qu'à chanter, en plus de deux décennies d'amitié ils m'ont surtout appris... dans l'ordre : à fumer des Lucky sans filtre en ajustant le col du manteau, bien picoler (y compris le calimucho, vin rouge + Coca, qui rappellerait presque le lambrusco, ce vin pétillant d'Italie du Nord), jusqu'aux comas sans le regretter ; et à goûter les speeds, le Dynintel à l'époque (ensuite un généraliste communiste fan de polar m'en prescrivait sur une vraie ordonnance, l'idée me ravissait autant que son objet...) Sans parler de leur culte sixties mod, qui a fait du bien à ma culture toujours en manque, etc. Quant à Asphalt, j'ai une anecdote récente : y a des groupes sur MySpace, qui cherchent à jouer comme sur les singles, au plus près compos et chant. On en est là en 2008, tous les trucs importants d'hier, qui n'avaient pas toujours porté leurs fruits avant, se retrouvent (re)considérés, façon classiques...
 
 
 
 

 from Patrick Eudeline to Olivier (slow motion orchestra) :
"... on a la même basse !"
 

Comment te situes-tu dans la scène bordelaise : OVNI, pilier, cheval fou, pionner, valeur sûre, autre ?

Présent-absent.

Ton nom est maintes et maintes fois associé aux mots “dandy” et “punk” : tu le fais exprès ?

Ca me poursuit un peu... Récemment, je lisais avec frénésie "Les décadents français" de Marc Dufaud (après "Les peaux transparentes"), où je retrouvais tous mes préférés et d'autres à défricher. Je découvrais avec passion le gospel punk chez Presley, ça me soutient toujours... J'ai lu pour la toute première fois "dandy punk" en 1999, sous la signature de Laurence Romance (pour m'annoncer à Montreuil avant Tue-Loup/Superflu). Depuis, l'expression s'est imposée pour bien des raisons... notamment parce que rien ne semblant apparemment assez fort, il faut doubler la dose pour que ça fasse un peu d'effet. Là aussi, on sait qu'on est bien en 2008.

Que t’inspire Oscar Wilde ? 

Un absolu. J'ai lu récemment les pages de son procès. Il était tellement dans son truc, qu'il s'enferrait au mépris de tout intérêt immédiat... total respect. Dans un vers, j'ai brodé sur l'un de ses traits, "(Comme disait ce vieil Oscar), la jeunesse est un art" ; en cinq mots, il te tient des heures !

J’ai lu à propos du cd solo que vous “brassiez influences punk, blues, classique, sans s'interdir aucune bizarrerie”. Quelles sont ces bizarreries auxquelles l’auteur de ces mots fait référence ?

Ca a commencé par l'envie de faire ses propres expériences et ça pourrait aller jusqu'a réunir moyens et participants pour expérimenter... Mais je prends ça plus simplement aujourd'hui, le feeling pour le faire et le plaisir de le partager, ça peut suffire pour du beau bizarre.

En pleine vague du rock alternatif français, je t’ai vu ouvrir à Bordeaux pour les Wampas et les Bérus. Te considères-tu comme un rockeur alternatif ?

Jamais pensé comme ça... mais j'aurais bien sûr aimé contribuer directement à des tueries comme "J'ai quitté mon pays", "Les bottes rouges", etc (la liste des groupes et des chansons serait longue). Et j'vois où tu veux en venir, car je me suis souvent retrouvé au milieu de ce qu'il se passait alors... tout en piaffant jusqu'aux 90's pour avoir un répertoire, et surtout une formation pour le défendre. J'ai connu les Bérus à leurs tous débuts 80 lorsqu'ils ont joué en banlieue bordelaise, les Wampas dans les premiers cafés de Paris BarsRock aux côtés de Spider X, des Soucoupes Violentes, etc ; je fréquentais l'entourage des Coronados, qui étaient trop géniaux (pour de si nombreuses raisons, y compris leurs mystères...). Durant ces années, j'en crevais d'avoir des chansons et personne de dispo pour s'investir, sauf ponctuellement. A ce fameux concert, Loran nous a gentiment suggéré de répéter plus... et pour cause : ça commençait par un titre clavier-chant avec un premier instrumentiste, puis je crois Xavier des Scurs qui rentrait à la guitare, la contrebasse qui se rajoutait... Y avait aussi Dany Boy qui lançait les boîtes par derrière, je n'osais ou ne savais déclencher... Sur une date à Rochefort en ouverture des Coros, Stéphane Gillet faisait même des choeurs... Ca a vachement compté les quelques dates de cette époque, mais surtout perso.

Imaginons, nous sommes en 1970 et un de tes profs t’invite à rejoindre une “Scène de Musiques Actuelles structurante labellisée par le Ministère de la Culture”. Tu lui réponds quoi ?

Merci meussieu, mais j'aimerais avant tout me perdre un peu tout seul, avec une sweet little sixteen ou en band(e)...
 


L’imagerie du rock actuel est-elle séduisante à tes yeux ? Le son et l’image sont ils intimement liés ?

Oui, quand c'est rafraîchissant et aussi personnel que les Shades, ou que ça réveille tout ce qui le mérite comme les Stripes... et non, parce que les viviers vintage que je n'ai pas connus en direct, me rechargent souvent plus que l'actualité... Et pourtant, je vis pour aujourd'hui sans nostalgie... En même temps, je sais combien le revival est l'une des clés maousses du Big Bad Beat, pour tous, depuis toujours et jusqu'à la fin. D'autant qu'on y souscrit parfois plus ou moins soi-même, par la force justement des redécouvertes de l'Histoire... on n'est pas rendus, là ! (sourire). Quant à l'image et au son, d'évidence, c'est quand tout se rejoint que ça compte et commence à prendre vraiment du sens ; qu'on peut enfin capter son époque, quelles que soient les influences... Mais est-ce que ça peut se calculer ? 
 
 

J’ai lu que le duo Scarzello & Lys a été qualifié un jour de “Bonnie & Clyde du post-cabaret”. Peux tu nous qualifier ce duo avec tes mots à toi ?

Plus que Bonnie & Clyde effectivement, j'imagine que l'auteur pensait à la chanson de Gainsbourg avec Bardot... beau couple et belles références pour nous ! Ensuite, on trouvait dans le répertoire de véritables influences cabaret. Et à la fois, c'était formule chausse-pied pour caser l'incasable musicalement, dans des lieux de concerts rock. On a aussi beaucoup souligné notre théâtralité, voire notre mise en scène... alors qu'on se sentait d'abord interprètes, pas des attractions. Notre duo, un poil plastique du fait de Lys, et en français du fait de tous les deux, relevait du pari impossible jamais formulé à l'avance, qui s'est soldé par plus de deux heures de concert sans instrument ni instrumentistes véritables (Lys a débuté ainsi), avec un public en nombre honorable qui a payé, debout jusqu'aux rappels et qui repart en te félicitant... On était allés jusqu'au bout avec l'Orchestre Vide. C'est aussi pour ça qu'on est revenu vers des musiciens, vers le groupe, qui se révèle à bien des égards le prolongement du duo... 

Et le théâtre, c’est pour une autre vie ?

Tu fais référence à un écho qu'a reçu "Singe Ejectable", mon second petit bouquin qui, a-t-on dit, pourrait être joué sur scène. Lys avait pensé à un moment s'y coller, car il s'agit essentiellement d'un monologue féminin. Mais la réalité a rattrapé la symbolique, on ne se sentait plus de laisser la parole à une ignoble réactionnaire, même pour dénoncer.
 

J’ai appris que tu avais écrit avec les frères N’Tumba  : c’est ça "le sens du partage" ?

En quelque sorte... J'ai eu plusieurs fois la chance qu'on interprète des chansons qui étaient déjà là (cf. l'album 2008 de Thierry Sabir avec deux Strychnine devenus Beach Lovers, plus le bassiste et guitaro de Gamine à la réalisation), ou qu'on ne me demande de participer à des projets. Ce que j'aime beaucoup et qui a l'air de bien fonctionner. 
Récemment, j'ai partagé quelques sessions avec Benjamin Lebeau de The Film, rebondissant sur ses vers, ensemble ou tout seul de mon côté, grattant sur ses instrumentaux. Il voulait aussi nous produire, mais ça c'est compliqué géographiquement. Et au final, leur prochain album sera je crois en anglais (le noyau Guillaume et Benjamin a depuis chaussé The Shoes...) Reste "Eve Future", qui m'est venu grâce à l'une de ses esquisses, "à la Suicide". On en fera peut-être quelque chose un jour. Ils doivent aussi  nous confier une compo "à la Tim Burton", à suivre... 

Pour en venir aux Tribal, leur compositeur me connaissait depuis les 80's, pour avoir enregistré ma première démo dans son studio. La major voulait un album en français, les frères N'Tumba en tant qu'auteurs devaient adapter leurs titres écrits en anglais. Je les ai aidés, ce qui a contribué à leur signature et au premier album, où on me retrouve sur plusieurs morceaux. On a remis ça avec succès sur le second, en partant de simples notes à eux, sur des carnets. On a même gratté à chaud ensemble, dans un studio de Los Angeles, juste avant qu'ils n'enregistrent... c'est le titre avec les Américains qui a marché (sourire). J'ai apprécié ces moments partagés avec de vrais B-Boys, leur coolitude et leur histoire bien plus rebelle qu'elle ne paraissait ; leur ai depuis dédié un "Hip-Hop A Lulla".

Ca fait quoi d’être “l'ami bordelais” de Thierry Tuborg (ancien chanteur du groupe Stalag et aujourd’hui écrivain) ?

J'suis épaté par sa façon d'écrire, apparemment simple et incontestablement efficace, tant dans ses livres que j'ai tous lus, que dans ses chansons ciselées ; les récentes comprises, avec Stalingrad, groupe idoine. Contrairement à certains, proches du truc au départ, mais qui font plus qu'ennuyer dans leurs bouquins ou activités annexes, Thierry me paraît incarner l'écrivain rock'n'roll frenchy auquel les éditeurs devraient s'intéresser fissa. Et s'il écrivait pour d'autres chanteurs, ça le ferait aussi. Un titre comme "Les vieux punks (finissent toujours par payer)" est d'une justesse vécue, impeccablement rendue. 

Chamfort a écrit « Ce que j'ai appris, je l'ai oublié ; ce que je sais, je l'ai inventé ». Et toi, qu’as-tu inventé de ton côté ?

M'est arrivé d'avoir un petit regard de biais : pas dupe. J'espère avoir l'occasion d'en jeter d'autres.

Ecrire dans "Rock&Folk" : c’est une envie, un besoin, un plaisir ou autre chose encore ?

"Rock & Folk" est une éternelle New Church pour ses Lords, sur les bancs de laquelle j'ai volontiers été amené à poser un flyer, pour un festival de la scène du cru. Dans la foulée et à travers ses vitraux, j'ai à plaisir observé une "Mauvaise étoile", qui fait chaud au coeur de la (sa)voir briller. Je me rends à la messe à la première heure tous les 15 du mois, tel un pauvre pénitent qui, à chaque fois, se dit qu'il ne connaît pas même un demi-pet de lapin aux mystères de la foi.
 
 


 

“A rebrousse-toi” et “Singe éjectable” sont tes 2 romans (sortis aux éditions Le Recif en 2002 et 2003) : qu’as tu donc à dire d’autre que ce que l’on trouve déjà dans les paroles de tes chansons ? Le PSZ rockeur et le PSZ romancier sont-ils 2 personnes ?

Hélas non, toujours le même ! C'est juste une autre écriture et une histoire de format, les deux demandaient plus que quelques vers... Mais ce ne sont pas des romans, plutôt une lettre-journal au lance-flammes pour le premier, et un récit avec d'horribles propos recueillis dans le second.
 
 
 

J’ai appris que tu étais à London en Août 1982 : c’était pour parfaire ton anglais ?

Je n'avais au fond qu'un objectif, même pas aller voir des concerts ou acheter des sapes, rencontrer Eric Débris. Youri Lenquette m'avait donné son phone, j'ai osé. Le long entretien qu'on a eu, trône sur mon site et date de l'époque Sex Sex Sex, le must de ce que j'ai pu faire pour "On est pas des sauvages". C'est l'un de mes héros de toujours, vu avec Métal Urbain un dimanche de 77 en direct (dans l'émision "Blue Jean" je crois), et MySpace best friends aujourd'hui... Le vortex spatio-temporel qu'ils ont ouvert, ne s'est de fait jamais refermé. Facilement visibles désormais, ces images flashantes étaient restées incrustées comme un tatouage mental et sentimental, indélébile... Voir et entendre ça à 16 ans, dans le living-room familial, c'était atomique... Comme un appel de l'au-delà, un cri de naissance : "Panik d'aujourd'hui... paanik !" Ca reste i-n-e-s-t-i-m-a-b-l-e et les mots ne suffiront pas. Y a évidemment Métal U sur la pochette de "De bon matin en robe du soir", qui montre ma chambre d'ado constellée de figures éternelles, dont leur photo, parue dans "Feeling" il me semble. Je regrette de ne pas avoir eu le feeling justement, d'aller leur parler à l'Heretic ou à Barbey, quand ils ont joué, j'y étais. Une pudeur...

Ton site s’ouvre avec la phrase “bienvenue sur l'esquif d'un voyageur astral en plein apprentissage...” Peux tu nous faire une rapide visite guidée ? 

Un ami s'est proposé de le monter à la fin du siècle, suite à la sortie du premier CD. J'ai appris à l'actualiser avec les nouvelles chansons et autres activités, le press-book qui grandissait, etc. Et puis c'est devenu une cyber-facilité côté bio, photos, de se référer à ce qu'on trouve sur le Web ; ça sert un peu dans les deux sens (en espérant que ça ne s'arrête pas là, mais c'est une autre question...) Un temps, le MySpace d'Alain Kan utilisait l'un de mes textes, comme image d'identité. On cite ici et là la chanson-hommage à "Aladin" Pacadis ; pas seulement parce qu'elle est sortie sur "La Reine Gore", la fréquentation le montre assez. Ca permet de recoller un peu les morceaux, donner une cohérence. 
 


A regarder ton parcours, j’ai l’impression que tu as fait un peu ce que tu avais envie de faire et que tu es toujours là en 2008, bien vivant, à continuer ton petit bonhomme de chemin. Ca va durer encore longtemps ?!!!

Bien vivant, c'est toi qui le dit ! Il me semble en fait que maintes choses vraiment importantes commencent à peine... Pas seulement parce qu'il y a toujours quelque chose de l'absolute beginner dans la musique et le reste... Mais y a peut-être suffisamment de paramètres, mis peu à peu en place pour tendre vers : ballades & rock'n'roll en groupe avec ma fleur, gratter au plus près de l'os avec la plume, et autres si affinités : it's open all night.
 
 
 

De dos sous la casquette : Delly, Heartbeeps
 

Il me semble que les punks de l’ancienne école ont le vent en poupe ces jours-ci. Penses-tu avoir la reconnaissance à laquelle tu as droit toi aussi ?

Du fait d'impondérables et bien qu'invité, j'ai loupé pas mal de ces moments, notamment à Paris : concerts de la nouvelle scène, lancements de "Nos années punk", "Goth (de Baudelaire à Marilyn Manson"), "40 ans de musiques au Gibus", etc. On verra si ça peut se rattraper... Mais gaffe, si tout ça a définitivement modifié mon métabolisme, ceux auxquels tu penses ont fait l'Histoire, eux.
 


Est-il vrai que “la contestation ou la poésie ne peuvent se faire dans une autre langue que la nôtre” ?Pour la contestation et la poésie, impossible de répondre, n'étant hélas pas à temps plein dans ces domaines... Reste le français : ce n'est pas la mélodie ou une compo qui amènent le titre, mais une idée, des paroles qui s'imposent. Mais attention, quand ça sort, c'est chantonné ! Ce qui permet à un doué comme le guitariste OD (The Melmoths, Love Lanes...) à l'origine de "De bon matin en robe du soir...", de composer en direct dessus. Au passage, on n'a pas forcément capté l'autre sens que je mettais au titre du cd, me retrouvant soudain à interpréter l'exacte musique qui me branchait à 16 ans... mais en 2003-2005 : "De bon matin en robe du soir" ! D'autant que, plus encore pour ceux qui ne les ont pas connues, ces années d'accélération sont devenues un mythe puissant, comme les sixties et avant pour moi, avec le look qui va de pair : l'ami OD s'habille vintage comme même mes potes d'alors n'y arrivaient pas, simplement parce que tout s'improvisait, tandis qu'aujourd'hui c'est codifié. Reste qu'avec OD, et même s'il est à Berlin on s'en parle toujours, j'aimerais avoir l'occasion d'avancer de nouvelles chansons, tant sa rencontre à été porteuse. Et bien sûr aussi, parce que son talent de compositeur stylé englobe beaucoup d'autres influences, époques et références... 
 
 




Comment « faire que le punk redevienne une menace » ?

Je crains qu'il y ait de nos jours déjà trop de menaces, d'où la difficulté en ce sens du punk spirit... Ca faisait peur, parce que tout le reste ronronnait. Aujourd'hui c'est pas "yes future" (même si la défunte science-fiction est devenue un cyberDiable polymorphe, bien trop réel), mais "donnez-moi un 'tit bout de présent, pleeeeazzze"... et en tremblant encore.


recueilli par didier ddduyats
pour "Cafzic" n°46,  février 2008

 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

saison 2006-2007, avec La Poupée Barbue :

à la basse Lichen Boy (Shunatao/Hero-X...),
à la guitare Victor Marco (Shunatao/Wild Bud...),
à la batterie Boubzy Maldoror (Strychnine... Mustang Twisters),
et aux paroles et chants, Scarzello & Lys
démo & vidéos sur MySpace
 
 

"...charisme glam, groupe flower punk"
SCJ - Joël Raffier

      "Surf-music passée au peinge fin, pop, rhythm and blues, cabaret rock...
cet étrange attelage kaléïdoscopique a déjà le vent dans la crinière..."
  Denis Fouquet, auteur de "Bordeaux Rock(s)"
 
 
 
 


 
 


 
 


 
 




 
 
 


 
 
 


 
 
 


 

-photos Mel-

 

 
 
 
 
 

ci-dessous : CD 2005, gigs, chroniques 2006 & interviews
 

a-LIENS
portraits
le site de LYS
et de PSZ 
the Story 
"La Reine Gore" (2002)
balance avec Sam, Arnault & Pascal des Wonky Monkees (photo Bruce Milpied)


rencontre avec
 "L'Ordonnance"
 "PopNews"

"Juke-Box Mag"

"Abus Dangereux"
+  interview 
 "Dig it !" 

"New Wave"

  concert
"Sud-Ouest"
" Gueule de Bois"  "Longueur
  d'Ondes"
"Factotum"

"Cafzic"

 
 
DE BON MATIN EN ROBE DU SOIR...

C'est toujours la même chose : on a beau évoluer, grandir (ouh le gros mot), multiplier les expériences, lire des bouquins, voir des centaines de films, écouter toutes sortes de musiques, il y a toujours des morceaux fondateurs, des héros absolus de l'adolescence, qui ont permis de façonner notre manière d'être, de voir la vie sous un prisme différent, des disques qui nous ont convaincus que la marginalité était le prix à payer pour échapper à une société ayant fait de la lobotomie des masses et la no-culture la politique nationale ("to live outside the law, you must be honest", disait Dylan...), et que non, "I'm not Like Everybody Else".
Ces morceaux, on le sait, nous poursuivront dans la tombe... Ces galettes à la pochette éclatée, ces photos jaunies, qu'on finit par délaisser (car elles ont été tellement écoutées qu'elles se trouvent dans les chromosomes, le jukebox mental), mais qui donnent un coup au cœur dès que les premières mesures déboulent de la chaîne hi-fi un jour, par hasard, sans que l'on s'y attende...

Après avoir affirmé et affiné son style dandy, thuriféraire de l'esthétique décadente, entre cabaret et décharges d'électricité rock'n'rolliennes, avec des disques aussi indispensables que "Les armées de verre soufflé" ou bien "La Reine Gore", Patrick Scarzello, accompagné une fois encore de sa dulcinée/diva Lys Reygor, fait ressortir les obsessions originelles de son adolescence.
La thématique "Back to the roots" de l'album frappe dès sa pochette, qui reproduit le papier peint de la chambre d'ado de Scarzello entre 1977-79, sur lequel Thunders côtoie les Stooges, où Sid et Nancy dansent un bop avec le premier EP d'Asphalt Jungle (là où tous les coups sont permis !). Dans cet album où l'évocation des héros côtoie les citations directes des styles fondateurs, Scarzello & Lys, accompagnés de la section rythmique des Wonky Monkees et du guitariste lettré OD, renouent avec la bande-son des late 70's, de l'été de la haine, en 9 titres de rock'n'roll punk (mais n'est ce pas la même chose ?).

"Le Dernier des tailleurs de pierres", évocation de la génération perdue des punks, dédié à GrandClaude, qui aurait pu être Rikki Darling, Alain Z Kan, ou Riton, est une élégie à tous ces visages hantant les rues mouillées de Paris, Bordeaux, Lille et ailleurs... Ces armées de la nuit décimées par l'héroïne, l'alcool, les Walter PPK ou l'âge adulte, Scarzello & Lys les évoquent dans ce titre hanté, tout comme l'était, en 1981, "Avenue du Crime " de Taxi Girl ("Avenue du crime / les bottines jaunes revivent / sous les pantalons straight"). Le duo  renoue avec le style de textes-slogans, maladroits et touchants, du rebelle de 18 ans ("Carriérisme, je te claquerai... Matérialisme, je te fouetterai..."). "Comme une Overdose de pose", entre Undertones et Heartbreakers, pour un texte au croisement de Jankélévitch, Jean-Jacques Schuhl et Spinoza ("Un je ne sais quoi, je ne sais rien").

Les morceaux ressuscitent les rythmiques des Stooges ("Halte au confort", qui aurait pu être joué par Ron Asheton), de Johnny Kidd & the Pirates, de T. Rex... Mais le morceau le plus important de l'album reste à mes yeux"Sans adresse ni téléphone",une évocation des transes velvetiennes, Thunders période "Can't put Your Arms Around a Memory", pour une référence directe à "Like a Rolling Stone". Nos Bonnie & Clyde bordelais réaffirment ici la connexion Bob Dylan-Lou Reed, tellement évidente mais pourtant jamais évoquée. L'instrumental "Ethéromanie", qui clôt l'album, est un petit bijou d'efficacité. Un seul regret : que l'on n'entende pas assez la voix de Lys dans ces élégies aux mythes disparus.

Au final, bien qu'il lui manque la diversité de "La Reine Gore" (ceci tenant au fait que le nouvel album ne se compose que de neuf titres, contre 23 pour le précédent), cet album indique de leur part, en ces temps de retour en grâce d'une certaine esthétique, une volonté de rappeler les styles, les titres qui les ont sortis de leur torpeur adolescente, mais plus par l'évocation d'influences dans des morceaux originaux que par des reprises pures et dures. Ils font tomber le masque et révèlent les fenêtres qui leur ont fait voir la lumière (beginning to see the light...). Cet album est en quelque sorte leur "Copycats ".

Frédéric Antona, "PopNews"


"Il est chouette ce disque !
J’aime bien ta voix et celle de Lys, les textes aussi et les arrangements aussi. 
Morceau préféré : cacahuètes, Mars & codéine..."
Ann Scott

 
"... les fantômes de Johnny Kidd, du Velvet, Dylan ou Thunders se téléscopent, c'est assez remuant émotionnellement... n'ai qu'un regret, qu'il se termine trop vite !
"Cacahuètes, Mars et codéine", est franchement à arborer sur des badges..."
Frédéric Antona,"PopNews"


 "... les guitares de votre nouvel album sonnent Johnny Thunders..."
Philippe "Ubahn" Saintlos
  


"Sombre et élégant, ce nouvel album évoque une éternelle jeunesse sonique, le désenchantement du monde et des émotions à fleur de peau. Scarzello & Lys sont accompagnés d'un groupe ad hoc, guitare millésimée, rythmique enlevée, qui sied parfaitement à une voix toujours vraie".
Florent Mazzoleni
"... vétéran punk"
Matthieu Recarte, "Libération"

"... avec la rythmique des Wonky Monkees, le guitariste OD (Jakes, TV Killers) & un auteur aux paroles stylées, que l'on retrouve dans le livret."

Jean-Wiliam Thoury, "Juke-Box magazine"

 
 
 

écouter :

(1) Le dernier des tailleurs de pierres
(2) Les affameurs 
(3)Halte au confort !
(4)Une journée bête
(5)Sans adresse ni téléphone
(6)cacahuètes, Mars & codéine
(7)Comme une overdose de pose
(8)Demi-monde
(9)Ethéromanie 

"... ce retour aux racines est très heureux, et vous va si bien ! 
Chronique + interview dans "L'Ordonnnance numéro 7" avec AS Dragon en couv, Burgalat, Lucas Trouble, Gomm, etc "

Julien Z
 
 

"... en train d'écouter "De bon matin en robe du soir". J'adore ! Les Wonky + O D portent vraiment bien les morceaux, avec l'impression que vos voix se posent très naturellement sur cette base solide.
C'est un peu l'effet que donne Jad Fair dans Half Japanese. J'aime particulièrement les 2 et 3 et 6... 
et les autres en fait !

Capucine Frey, The Peels


 
"Notre duo bordelais, avec en prime le célèbre OD et deux Wonky Monkees, pour neuf titres lignée punk français fin 70's."
"New Wave"


"... je trouve les chansons très belles, très incisives et écrites au rasoir... les voix toujours aussi émotionnelles... jaloux de la poésie dark de Patrick..."
Patrick Ochs, Rue De La Muette

"Emotions... la première sur "Le tailleur de pierres" à failli me faire oublier tout le reste...
Ce garçon avait raison : cette époque était gavée de bouffons et je ne la regrette en rien ! 
Dis à Lys que sa voix est vraiment sexy"

Captain (activiste sur Nova-Sauvagine 94,9 Mhz
& chroniqueur)


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 
 
balance avec les Wonky Monkees (photos Bruce Milpied)

Ne connaissant pas personnellement Patrick Scarzello, c'est bien à l'abri du flétrissant soupçon de connivence que j'entreprends ces quelques lignes... Lui et mademoiselle Lys n'ont pas choisi la méthode facile. Funambulant sur la corde raide avec cet humour acide ou décalé dont seuls sont capables les vrais élégants. 

Ne cherchez rien ici d'usiné au format classique, la cage est ouverte et nos oiseaux s'envolent où bon leur semble. Pour mieux porter la lame dans la plaie, ils ont engagé une poignée de solides ferrailleurs, venus de la nébuleuse Wonky Monkees, à charge pour eux de distiller ce poison sonique hérité de certains grands anciens, évoquant sur son versant français, Asphalt Jungle, les Rythmeurs ou les Gloires Locales.
Avec une légèreté dans l'ironie que ceux-ci n'avaient pas. Garanti sans filet ! 

Alain Feydri,"Abus Dangereux"
 
 
 
 
 
 

Un punk "historique", écrivain et chroniqueur, qui chante avec sa muse. Ca ne vous rappelle personne ?
Ne sautez pas tout de suite du pont, le dandy bordelais a sur s'entourer des plus fines lames girondines. OD à la guitare et la section rythmique des Wonky Monkees. 

Musicalement, on navigue entre pub-rock ("Les affameurs", "Une journée bête"), Marie et les Garçons et leur electure du Velvet Underground ("Comme une overdose de pose", "Le dernier des tailleurs de pierres"), les Stooges (le riff de "1969" recyclé sur "Halte au confort !") et des morceaux qui auraient pu directement atterrir chez les Jakes come le tendu "cacahuètes, Mars & codéine".

Ca reste un peu bancal parfois, mais comme on dit par ici, "punk un jour, punk toujurs"... Sur cette base, Patrick Scarzello lâche ses textes très réalistes. La vie, la dope, les illusions perdues et ce putain de monde qui tourne à l'envers. C'est pas complètement mon truc, mais ça mérite en tout cas l'écoute. Gaffe aux interventions de Lys Reygor, d'un lyrisme toujours surprenant. 


Lo Spider, "Dig it !"

 


 

Dés la première écoute "De bon matin..." l'évidence : Les Intouchables sont de retour ! Oui, ceux des années 80. Et puis non,cette rythmique là est irréprochable, ce guitariste n'a jamais été aussi classieux, puissant et inspiré, tant qu'aux voix... Dissemblables et pourtant complémentaires, elles ont ce côté unique et classieux (décidément) d'un rock français que j'avais, faute de combattants, oublié.

Je pourrais énumérer mes titres fétiches, mais cela reviendrai à réécrire la liste des morceaux (excepté le premier, pour raisons perso). Une question, quand repartez-vous en studio ? S'il est vrai qu'il vaut mieux susciter le désir que l'ennui, 20 minutes c'est tout de même un peu court, non ?
Encore bravo. Enfin du rock chanté en français avec des tripes et du coeur,vous nous manquez cruellement.

EJ Eulone
 


 
Ecouter Scarzello c'est toujours profiter de compos hors du temps, surtout hors du temps présent. Rien à foutre des modes, le son est toujours rock'n'roll dans l'esprit, ici made in Fixed Up, la Tandy family, etc. Bref ce que j'écoutais souvent sous format vinyle dans les années 80 avant l'alterno.

Pour accompagner le bonhomme, il y a OD des Jakes + 2 Wonky Monkees (dont le dernier album, je le répète, est excellent), tout ça allié aux textes conçus comme des petits poèmes. C'est un bon bol d'air avec des choses simples, des instantanés de la vie du monde d'en bas, pour une vision en forme spontanée, rock quoi !

NQB, "Cafzic"


 
 
 
 


"Les Bonnie and Clyde du Son' Art !...
Merci pour cette soirée, pour le rêve."
Love & Rock'n'roll, Sophie Viguier
 

“De bon matin en robe du soir...”
Un bien beau titre, un couple a priori improbable, mais pourtant dans une extraordinaire osmose musicale. Cet album marque une évolution par rapport au précédent : plus rock, plus no future. Les textes de Scarzello sont du vitriol, incisifs, il sait manier les mots avec une redoutable précision, tout en leur gardant une extraordinaire poésie, mais une poésie vénéneuse, qui raconte un monde en décomposition, en désespérance.
La voix “unique” de Patrick Scarzello traduit bien ce monde et est parfaitement mise en valeur par les “acrobaties” vocales de Lys Reygor. Du travail d’orfèvre ! 
 

Marie-Claire,"Gueule De Bois"

 
 
 
 
 
 

Difficile de chroniquer ce second disque (après "La Reine Gore" en 2002) du couple infernal sans verser immédiatement dans la déclaration d¹amour. Une vraie, en bonne et dûe forme.
A Patrick Scarzello, génie rital, dandy post-punk qui parle comme il écrit, et dont la science du mot qui tranche a réjoui plus d'une oreille attentive mais qui sans sa fleur de Lys, n'aurait pas ce port si altier. 
A Lys Reygor, madone moderne, Castafiore survoltée, muse et poétesse, plasticienne drôlatique, "de bon matin en robe du soir", parce qu¹elle le vaut bien et lui aussi. 

A eux deux, duo d¹enfer, les Bonnie & Clyde de la poésie rock, tueurs (de cafard) nés, capable en 20 minutes (et entourés pour l¹occasion des Wonky Monkees et d¹OD des Jakes) de réinventer la chanson électrique et l¹ironie écorchée, la ballade sonique et la poésie intemporelle de la Beat Generation.
Pour les vieux fans, la clope sera toujours une salope, mais ce nouvel album nous emmène définitivement ailleurs, définitivement higher.
 

Jonathan Hénault,"Longueur d'Ondes"

 
 
 
 
 
 
 balance avec les Wonky Monkees, photos Bruce Milpied

 
... le premier morceau « Le dernier des tailleurs de pierres » est vraiment taré, ultra glauque, lent, avec un petit arpège lancinant de gratte, volume sonore assez faible,chant parlé/chanté avec des paroles rock'n'roll/décadentes, j'accroche direct en fait,
ça serait comme une sorte de Scott Kelly version chanson française,
franchement c'est sombre et je kiff bien.

Dès le deuxième morceau, on change pas mal d'atmosphère,
les riffs de gratte ultra garage rock, tu vois le style.
Le chant devient plus chanté et puis le chant féminin arrive, putain merde, la voix me fait penser à la meuf des Rita Mitsouko,
incroyable quoi, mais résultat vraiment sympa.

En fait le premier morceau est un peu une exception,
les autres pistes sonnent plus comme je viens de le dire,
garage rock tranquille avec ce double chant masculin/féminin,
eux-mêmes citent les frères Tandy pour la frénésie,
Ramones pour la lourdeur, Stooges pour la pointe de glam,
voilà quoi, fais ton bizz avec ça.

Perso j'accroche grave et je serais bien curieux de les voir en concert.
Niveau prod, le son pourrait être meilleur et les voix moins en avant,
en même temps ça doit être un peu le concept du truc donc...
Paroles cynico engagées, coolos, j'accroche aussi.
Lay out normal, assez sobre quoi.

HB, « Sedition», juin 2007

 
 
 
 


  photos : Denis Fouquet

Les Rita Mitsouko bordelais sont de retour !
Quelques années après "La Reine Gore", voilà un disque de rock'n'roll, un peu court, certes, et qui laisse sur sa faim une fois les 9 titres avalés à la vitesse d'un cheval au galop... 

D'autant qu'on les aime, ces 9 titres, avec leur ironie, leur côté "noir" revendiqué. La rythmique d'Arnault Arpajou et de Pascal Babin (Wonky Monkees), et la guitare de OD soutiennent sacrément bien ce duo, rendant hommage au bon vieux binaire, et capable d'exprimer la noirceur des choses avec une dérision et une énergie jouissives...
A écouter de bon matin, habillé comme bon vous semble...
"Factotum"

-"EXTRATERRESTRES ?", MAIS... C EST UN COMPLIMENT !
 

Jonathan HENAULT : Lys, sur quoi étais-tu en train de travailler avant d'arriver ?

Lys : une nouvelle expo, à base de collages de mes dessins, de petits gribouillis : j'y gagne beaucoup en vivacité, un peu comme une écriture automatique. Je rajoute ces dessins un à un, ce qui augmente le sens de l'ensemble, et chaque tableau raconte une histoire.
 


 

Ca vous est arrivé d'être très contents de votre travail, et de vous prendre des retours ?

Lys : oui, quand je travaillais sur la femme, ça a dérangé certaines et certains : celles qui voulaient gommer leur féminité, et les hommes qui y voyaient trop de féminité.
Patrick : il y a toujours des gens plus ou moins bien intentionnés, plus ou moins avertis, pour y aller de leurs leçons, ce qu'il faut faire et comment. Avec Lys, on s'est souvent confrontés à ça. Tu y penses, forcément... mais la création est souvent une réaction à une perte, ou à un sentiment de manque ; appelle ça bouée de sauvetage, table rase, coup de talon :  lorsque ça redevient viscéral, tu ne te poses plus la question.
 

Lys, si tu devais décrire Patrick en un mot ?

Rock'n'roll ! Avant de le connaître, je l'avais vu sur scène se donner à fond, alors que l'époque n'était pas à la sincérité premier degré ; et j'adorais aussi son écriture... C'est un romantique au premier sens du terme !

Patrick, même question...

la plus riot girl que j'ai jamais rencontrée. Elle a comme ça, un art très ornemental, mais avec des plantes venimeuses derrière : toujours un double niveau de lecture, ça ressemble tellement à la vie. Quand elle utilise du rose, il faut se méfier du coup de griffe dark qui arrive !

Et cette rencontre, alors ?

Lys : on faisait chacun de la musique de son côté, en travaillant avec des musiciens, mais ça devenait lourd à gérer. La peinture, l'écriture, c'est plus simple, tu n'as de compte à rendre à personne...

Patrick : on s'est retrouvés à répéter les dernières chansons à deux avec OD, puis à les proposer à la rythmique des Wonky. Chacun garde son indépendance, ils ont leur groupe, nous notre répertoire, mais on peut se rejoindre pour une date. Quand on les a jouées ensemble, les titres de l'album sonnaient exactement comme depuis des lustres dans ma tête !

Ce titre extravagant, "De bon matin en robe du soir..." ça vous va comme un gant... vous vous rendez compte que vous passez pour des extraterrestres ?

Lys : il y a vingt ans, oui ! J'ai une dégaine beaucoup plus simple aujourd'hui... .

Patrick :  extraterrestre, j'prends plutôt ça comme un compliment !... Je rêve d'écrire une chanson qui s'appellera "J'avais peur de déranger", et n'ai jamais aspiré à une vie "normale"...
C'est par le rock que je suis arrivé au décadentisme, au symbolisme, etc : tu fais d'abord tout pour t'en rapprocher, et puis un jour, ce n'est plus une quête, mais juste devenu ton quotidien. Je ne me verrai pas sortir sans lunettes noires et tête de mort autour du cou... parce que j'ai toujours été comme ça ! De toute façon, j'adore les aliens, les mutants, les freaks... et les petites Goths dans la rue font toujours plaisir à voir.

Lys : c'est vrai qu'on n'a jamais changé d'idée : rien n'était impossible, rien n'était trop beau. Il fallait tendre vers ça... petite, je savais juste ce que je ne voulais pas.

Patrick : on fait quand même partie d'une génération qui ne voulait pas travailler, et on y est plus ou moins arrivés ! Je suis fier de n'avoir jamais été salarié !

 Jonathan Hénault, "Abus Dangereux, déc-janv 2006"
+"Une journée bête" sur le CD-compil'

 

GEISHAS DE SOIE & TAILLEUR DE PIERRES NO FUTURE


  photo : Denis Fouquet

Plus qu'un duo, ils forment un couple à la vie comme à 
la scène.Les années passent, la complicité demeure.
Ce sont deux artistes qui touchent à tout (peinture, littérature, chanson) avec un bonheur égal. Dans leur univers, il y a les mots. Ils les tournent dans tous les sens sans les trahir. Ils les apprivoisent. Mardi soir, ils étaient au Son'Art pour les livrer tous crus. Un spectacle, un vrai en trois tableaux, on vous l'assure. Dans la verve du cabaret qu'on affuble dans les programmes du qualificatif réducteur : "rock". Ce fut pour le public un moment délicieux, fait d'intimité, de fantaisie, d'émotion, de sourires, de nostalgie et de coups de sang. Scarzello & Lys ont le sens de la théâtralité.

Le décor est là, rappelant des geishas de soie que jamais on ne voit. La musique de Mikael de Supermika sur "Il est un pays" enfonce le clou de la japonaiserie. Sous un plafond de ballons de jade, elle et lui jouent à cache-cache. Les voix se cherchent et se répondent. Celle de Lys caresse le velours, celle de Scarzello triture le cuir. La musique balaye large (jazz, rock, ballade électronique...) mais on n'en perd pas une miette, même quand "la Reine Gore" s'essaye au ukulélé.

Véritables saynètes, les chansons racontent des histoires de Sélénites qui habitent où vous savez, d'un "Dernier des tailleurs de pierres" No Future qui saute du pont de pierre et des histoires d'amour qui ne fissent pas toujours mal. Elles reviennent en rappel avec "Chéri, darling, mon amour", et "La dame et l'éléphant". Scarzello & Lys s'en sont allés "Main dans la main" en fredonnant Elli & Jacno (c'est leur seule reprise actuellement) laissant sur leur passage comme un parfum d'ambiance.
 

Jacky Sanudo, "Sud-Ouest" (printemps 2005)

 

 

PHANTOM OF THE PARADISE...

Un moment bien agréable, tantôt acidulé, tantôt langoureux, avec la pointe de saccades rock'n'rolliennes à laquelle je m'attendais...Un jour de 96, une étudiante a écrit sur Patrick Scarzello : "... aujourd'hui, j'ai rencontré le rock'n roll... !!! " Mais ces deux là ont la malice du chat...!

Spectacle cabaret touchant, copieux mais jamais de trop et toujours poétique. Le mélange s'y fait entre  le mauve et le noir. Ici point de ketchup (ou alors fait maison), mais le pourpre tirant sur le rose des cabarets espagnols.

En 82, j'étais à New York. J'y ai le souvenir ouaté d'un petit spectacle au fond d'une cave aménagée avec deux personnages assis au bord d'une scène de fortune... Comme au bord d'une rivière d'absinthe, chantant des vers de Verlaine... Phantom of Paradise... " 


mail & photo : Denis Fouquet
auteur de "Bordeaux rock(s)"

 
 

 

 

... 

" ...très rock’n’roll classieux, mais j’aimerais bien avoir l’occasion de vous voir accompagnés d’un véritable groupe assez sauvage (et crois savoir que vous le souhaitez...)"

Thierry "Stalingrad" Tuborg

FROM "CABARET MUTANT"... TO "GOTHIQUE FLAMBOYANT" !?

"De bon matin en robe du soir...", c'est le titre du très attendu deuxième album de Patrick Scarzello et Lys Reygor. Toujours surprenants, ils ont délaissé un temps le cabaret gothique du précédent, "La Reine Gore", pour une musique plus proche des racines punk-rock'n'roll. 
Les textes sont toujours superbes et malicieux, il y est question de sexe, de drogue, de rock, on sent une rage, que seul un groupe pouvait accompagner, et les deux voix se complètent et se répondent encore une fois à merveille, deux voix amoureuses, avec une complicité à faire des jaloux ! Et, insistons, la musique ici peut être qualifiée de "punk rock à textes". Là où "La Reine Gore" était miraculeux, "De bon matin..." est un disque coup-de-poing, rapide et bien balancé. Rapide puisqu'il s'agit de huit morceaux de 2 ou 3 minutes chacun (et un instrumental, "Ethéromanie"), comme à la "grande époque" des 45 tours punks, à laquelle ils rendent hommage dans "Le dernier des tailleurs de pierres", le premier titre, où Scarzello raconte un passé agité. La pochette représente le décor de sa chambrette d'ado en 77-79, avec affiches de Rotten, Asphalt Jungle, Sid & Nancy, etc.

Ce disque rappelle que Patrick, avant de chanter en solo "Les armées de verre soufflé" en 1998, avait été aussi l'agitateur du groupe "sonique et écorché" Des Claques. Réalisée avant la sortie de ce nouvel album, l'interview qui suit n'en tient pas compte, mais nous éclaire sur la magie du meilleur couple rock français depuis les Rita et Elli & Jacno...

Julien Z,"L'Ordonnance 7" (nov-déc 05)
 

Julien Z : dans une chanson, Lys dit "je me suis réveillée mordue par le rock", vous considérez-vous comme des rockers ? 

Lys : moi non, pas spécialement, la culture rock je l'ai acquise vraiment sur le tard, on me taxe volontiers de rockeuse, ça m'amuse plutôt, me flatte même... je ne me suis jamais trop posée la question. Quand j'ai écrit cette chanson, une comète était passée très près de la Terre, on en a beaucoup parlé parce qu'on pouvait l'observer à l'oeil nu, et j'avais adoré ce nom, "Elbop", ça swingue, c'est vachement joli, dont il y a un jeu de mots entre tout ça.
 

Peut-on comparer "La Reine Gore" à "Patrick Eudeline & Myriam" (1995), avec une sorte d'humour en plus ?

Patrick : Lys et Myriam ont de très jolies voix, dans des registres assez différents, ça a donné un cachet aux morceaux... d'ailleurs j'adore aussi les titres avec Myriam sur le disque de Patrick. Lys a amené ses couleurs, une touche, qui m'ont décidé à mettre sur le disque des chansons que je n'avais pas osé sortir avant...
Lys : c'est difficile de se comparer, quand on nous rapproche de Elli & Jacno, c'est très sympa, Rita Mitsouko aussi, vachement, mais on ne s'est pas dit "imitons-les", on n'y a même jamais pensé, mais on ne va pas se plaindre, ce sont de bonnes références, quand même.

Patrick : sacrément bonnes ! Oui, et puis y'a des trucs de fond, le disque de Patrick c'est le sien, il a écrit, composé, fait des choix, tout ça.  Alors que moi, j'ai toujours cherché des instrumentistes-compositeurs pour me soutenir.
Et puis "La Reine Gore", on l'a partagé  complètement avec Lys, elle a écrit elle-même des chansons, co-composé, a trouvé des mélodies, m'a fait chanter les siennes aussi. C'est un vrai duo, au sens de duettistes, chacun amène son univers, ses influences, ses envies, dont on se prête une part, alternativement.
Lys : on se prête nos univers, et on a chacun adapté le sien pour faire entrer l'autre, c'est un challenge aussi. En ce moment, une de mes dernières envies c'est de composer pour Patrick. Qu'il chante mes chansons, mais en solo, et que je puisse l'accompagner au piano ; chacun continue à interpréter quelques chansons en solo durant les live.
Patrick : chanter les paroles de quelqu'un d'autre, à part pour des reprises choisies et des adaptations en français, je ne l'avais jamais fait...
 
 

photo Denis Fouquet

 
 
 

L'appellation de "cabaret gothique" vous convient-elle  ?

Patrick : je trouve ça flatteur, motivant, et plein de sens et de valeur. "Cabaret" renvoie à plein de trucs que d'évidence on aime, qu'on aimera toujours, et "gothique", c'est les derniers qui me font vraiment plaisir quand je les vois dans la rue, des gamins qui me font penser à tout ce que j'ai toujours aimé... y'avait déjà des cyberpunks aux cheveux bleus et compagnie, dans les BD fin 70's débuts 80's de Bilal, aujourd'hui c'est la réalité, une espèce de romantisme qui perdure comme ça, qui conserve la flamme de tout ce que j'aime... il n'y a pas grand chose dans la culture et l'univers gothique qui me déplaise finalement (même si ça n'est pas la musique que j'écoute...)
Lys : moi, je dirais "gothique flamboyant".
 
 

Julien Z : Tu dis que ce sont les derniers qu'on voit...

Lys : jusqu'à ces dernières années, en fait, Patrick...
Patrick : oui, maintenant ça va mieux, à un moment donné il n'y avait que les Goths...
Lys : il y a eu une période de crise, dans les années 90 où il y avait très peu de looks, à part quelques vieux rockers, c'était pas facile...
Patrick :... et des grungeries atroces !
Lys : il n'y avait pas de looks, il n'y avait rien. Seuls les Gothiques osaient, c'est ce qu'il voulait dire. C'est moins vrai maintenant, il y a un retour de plein de choses...
 

Pouvez-vous raconter un spectacle ?

Lys : ouahh (rires) ! On pense souvent que tout est rodé à la seconde, qu'on a une mise en scène, que tout est écrit. C'est faux. Chaque prestation est différente, et tout est improvisé, sauf bien sûr les chansons et la musique, quand je joue d'instruments. Il y a une grande peinture que j'amène, ou un décor que je vais fabriquer exprès. Les costumes n'en sont pas, ce sont des fringues qu'on est amenés à porter dans la vie courante, ça va être un poil au dessus, des robes un peu plus glamour, plus sirène, plus XIXème, enfin un petit plus que dans la vie, mais ça ressemble. Patrick est un peu comme d'hab aussi, sauf qu'il va peut-être finir en costume rouge.
A chaque fois qu'on nous dit "bravo pour la scénographie", on est morts de rire !
Patrick : on se casse la gueule ensemble, quel effet ! (rires)...
Lys : il y a une part de hasard, de feeling du moment dans ce qu'on fait, ça pourrait être complètement raté, mais il y a un tel plaisir à le faire... On n'est pas issus du théâtre.
 
 


Parvenez-vous à tourner ?

Lys : un peu, mais c'est très dur, parce qu'on nous trouve complètement inclassables. Par exemple, il y a un tourneur de metal, qui est sûr que si l'on était découverts... Il nous dit "je voudrais faire des choses pour vous, mais je n'ai pas les connections".  On a un ami spécialisé electro, pareil : il adorait, nous a fait jouer, mais "pas de connections". Et nous n'aimons pas nous mettre d'étiquette, ça ne correspond pas à ce qu'on appelle "la nouvelle chanson française"...
Patrick : l'extrême avantage qu'on a, c'est d'avoir aussi bien une vraie guitare de jazzman, et des chansons électriques de groupe, donc une ouverture super large, avec des couleurs et des sons différents, un éventail d'orchestrations selon les titres, dont on est plutôt contents, c'est notre histoire qui nous a peu à peu amenés à ce répertoire...
Et puis à contrario, les gens ont surtout envie, un peu comme l'époque, d'un surconformisme de format, savoir comment te répertorier, savoir quel public tu vas toucher, sous-entendu combien de monde tu peux ramener, donc on se retrouve souvent face à des gens motivés, mais qui ne savent par où commencer. La dernière tourneuse intéressante qui s'est proposée, est depuis partie à Toulouse, avant d'avoir résolu la quadrature du cercle...

Patrick, est-ce que ta musique a changé depuis que tu as rencontré Lys, aurais-tu continué sinon ?

Patrick : c'est le genre de question que je commençais à me poser avant la rencontre, parce que tout seul avec des bandes, c'était un peu raide, dans tous les sens du terme d'ailleurs (sourire), donc je commençais à me demander ce que j'allais faire après ça. Et le fait de rencontrer Lys, quinze jours après on chantait ensemble, on télescopait nos répertoires, on s'y est mis avant d'y penser, en fait. Ca m'a par exemple permis de faire entendre et d'enregistrer une bonne fois des chansons, qu'autrement je n'aurais peut-être jamais publiées, parce que je savais qu'elles étaient très connotées dans le son et les compos, ou un peu sous influence, et je ne trouvais pas forcément que ma façon de les chanter suffisait.  Lys les a enrichit de sa voix et de ses envies, et de me dire qu'elle y tenait aussi, m'a fait penser qu'il devait bien y avoir des raisons...
 

C'est pour ça qu'il y a autant de morceaux sur l'album ?

Lys : oui, c'est la croisée de nos univers, de ce qu'on avait fait séparément, et puis ensemble.

Sur scène, vous avez un groupe derrière ?

Patrick (réponse actualisée) : j'ai eu diverses formations au fil du temps... Mais avec Lys, à part quelques guitaristes ponctuellement, on s'accompagnait juste de l'Orchestre Vide. Depuis la rencontre aux débuts des années OO avec OD et le lancement de "De bon matin..." avec les Wonky Monkees, ça s'imposait : on a fait quelques répés courant 2006 avec le chanteur-guitariste des Sheer Aches.  Puis La Poupée Barbue a frayé à partir de l'automne 2006 jusqu'au printemps 2007, de l'Inca au festival Staccato de Miramont, en passant par Luxey qui nous a programmés, etc. Depuis la rentrée 2007, on se produit sous le nom de Scarzello & Lys Slow Motion Orchestra (avec à la batterie Stéphane Skull Duggery, à la basse Olivier Heartbeeps/Sentimentals..., et à la guitare Jon Smith).
Lys : il y a aussi un clavier-piano et un ukulélé dont je joue un peu, et d'autres instruments dont je jouerai, harmonica, guitare.
 

Il y a une chanson qui s'appelle "Le chaînon manqué", au milieu du contexte cabaret-goth, avec une baterrie super speed à la death-metal, qu'est-ce qui vous a pris ?...

Lys : (gros rire)
Patrick : en fait, avec "Anges de glaise", ce sont deux morceaux qui appartenaient à mon groupe 90's, Des Claques. On a fait un répertoire avec Olivier Adamczyk, en duo, qui a été jusqu'au trio noise avec une bassiste, sa guitare abrasive et ses rythmes au hachoir, et c'était donc deux titres de notre répertoire.
Les boîtes, j'ai tendance à dire que ça me rappelait dignement celles de Métal Urbain dans l'efficacité, et au niveau de ses
guitares, c'était  influencé par des trucs comme Big Black... toute cette scène portée par la noise et le hardcore évolutif. Sur scène, je croyais entendre l'écho des Pistols, donc j'étais super-content du raffut qu'on faisait, parce qu'Olivier est super-bon pragrammateur et compositeur, je le qualifiais lui et sa guitare de Terminator sonique ; comme les Gothiques par la suite, je trouvais chez ces gens du HxC de l'époque, des débuts aux mid 90's, quelque chose qui me touchait certainement plus que le grunge, ou autres trucs dominants, je retrouvais un feeling, une singularité et une pertinence qui collaient avec mes aspirations. 
On a fait un répertoire live, une démo, le gimmick était "musique écorchée, textes à vif", on s'est pas mal produits et tout, je crois que ça a marqué...  Et en tout cas, avant nos expériences récentes de groupes, c'est le truc live dont je reste le plus fier, parce que ça allait dans une optique complètement sonique, très cohérente.  Il est resté quelques chansons que j'ai continué  à interpréter avant de connaître Lys, "Le chaînon manqué" donc, qui va droit au but, et "Anges de glaise"qui était l'une de mes préférées.
Lys : et moi, je l'ai vu se produire en solo quelques années avant d'être ensemble, et j'avais été épatée parce qu'à l'époque tout le monde se la jouait un peu cold, les musiciens ne bougeaient pas un cil, on passait pour des fous si on s'exprimait, et Patrick chantait ses trucs premier degré en se donnant à fond...

OD avec les Melmoths
Etais-tu un chanteur énervé ?

Patrick : Bien sûr, ça a commencé comme ça à la fin 70's, un 14 juillet dans mon bled, où le groupe de lycée qui daignait essayer de faire de la musique, m'avait fait monter sur scène au rappel, pour saccager un morceau des Stooges ou des Pistols, ça s'imposait... Mais après, ça a pris du temps pour que ça devienne une obsession, comme ce fut  quotidiennement le cas durant toutes les 90's. Y'a eu la reprise de "Planté comme un privé" en 84 avec les Scurs, un grand déclic, et à partir de là, j'ai commencé à penser à ce que je pouvais faire pour monter un répertoire, avoir une formation, etc ; les ébauches en ce sens se ont succédées sans cesse.
Mais  après des trucs de furieux complet (dont une ou deux répètes, pas vraiment historiques me concernant, avec les Bad Losers de Toulon), y'a eu très vite des ballades, certaines qu'on fait encore avec Lys, comme "Sans adresse ni téléphone", parce qu'enfin ces compositions sont finies !

En fait, j'ai toujours oscillé entre des trucs genre ballades, plus spleen, intimistes, apparemment minimalistes, avec des trucs qui sont toujours raffut, destroy et tout ce qui va avec. Ca continue à me passionner, c'est pour ça que sur le nouvel album, il y a une ballade sombre pour débuter, et 5/6 morceaux R'n'R, basse-batterie-guitares, un peu l'axe Mick Green/Stooges-Ramones/frères Tandy, mais avec une ballade au milieu (c'est cette direction qu'on compte creuser par la suite avec OD, obsessions velvetiennes obligent). Et il n'y a pas tant virage que ça, j'y vois le genre de chansons que j'ai toujours aimées, portées, mais que je n'avais pu aboutir auparavant.
 
 

Lys : je l'ai vu live en solo, il tombait au sol, transpirait, été hanté par ses chansons, je trouvais ça merveilleux, parce que je ne conçois ça qu'ainsi, c'est à dire vivre ce que tu chantes, y croire, c'est pas tellement être théâtral, c'est le faire à fond, rire quand c'est drôle, pleurer quand c'est triste, même devant un petit comité, j'avais trouvé ça génial. 
Des années après, ce qui est amusant, c'est quand on se croise dans une soirée, où il faisait une perf',et il y a une connaissance commune qui, alors qu'on n'avait fait que se croiser, demande : "quand est-ce que vous faites des chansons ensemble !?". Alors qu'a priori, on avait des univers très éloignés, mais elle a vu la connexion, on a répondu "pourquoi pas ?" Et genre quinze jours après, on se retrouvait et on s'y est mis illico, incroyable,non !?
 

Patrick : pour te répondre par rapport à l'humour, j'y reviens, c'est vrai que j'ai toujours eu le plus grand mal avec le second degré en général, et l'humour dans la musique, c'est un truc que j'abomine absolument, même les bons, comme Boby Lapointe, que j'ai écouté, que j'aime bien... En revanche, c'est vrai que Lys m'a permis des trucs, par exemple je miaule après elle sur scène, après tout Iggy faisait le chien, je fais le chat... (rires)
Lys n'est pas une punk à chien, mais une punk à chats, voilà. Parce que des filles ceci-celà, rock'n'roll et tout ce que tu voudras, j'en ai croisées, rencontrées, connues, etc, mais des personnes qui vont jusqu'au bout, qui comme elle se met une banane dans l'oeil (rire), c'est pas courant. Donc tu arrives à partager des trucs, sans y avoir songé une seule seconde, comme oser le faire en première partie de Daniel Darc, alors que ça compte tellement, que tu trouves ça sacré et tout, mais parce que c'est sa chanson, l'impression de la soutenir et d'accompgner son propos, j'y trouve un sens, et du coup, ce n'est même pas tant de l'humour ou quoi qu'est-ce, c'est comme dans la vraie vie, un peu de fun...

Lys : l'humour ne me faisait pas peur, la seule chose que je n'aime pas, pour te rejoindre, c'est un humour décalé, des gens qui se regardent faire les imbéciles, et qui ne croient pas une seule seconde à ce qu'ils racontent. Tu as des groupes issus de milieux favorisés, qui racontent des histoires de boucher, de populo, en riant gras, et ils ne savent même pas ce que c'est, ne connaissent pas, donc pour moi c'est pas drôle. Au début, j'ai mis de l'humour dans mes chansons par pudeur, parce qu'il y avait des choses graves que je n'arrivais pas à dire autrement qu'en riant. Maintenant, tu verras dans les nouveaux morceaux, j'arrive à dire des choses beaucoup plus intimes de façon simple, mais ça aussi tu l'apprends en grandissant. Patrick a osé parce qu'il s'est dit qu'il n'était pas ridicule, et moi j'ai osé aller vers le premier degré, c'est donc ça qu'on s'est apporté tous les deux, et c'est formidable de se faire ainsi évoluer, l'un l'autre.
 

 
Festival "Bordeaux Rock" janvier 2005 

Halte au confort !
(on ouvrait avec notre actualité, mais Stalag, Les Standards, Les Corbeaux du Reichstag, etc, se reformaient...")
photo Laurent Theillet

 

Côté tournées et enregistrements, quel est l'intérêt de la province ?

Patrick : ça a l'avantage de ses défauts.
Lys : c'est facile de répéter, de trouver des musiciens, il habitent tous dans les mêmes quartiers... dont le nôtre !

C'est comme ça depuis toujours à Bordeaux ?

Patrick : oui. Noir Désir en a bénéficié, en fait. Ca a commencé au début des 70's, avec des gens qui, sans chauvinisme puisque je ne suis pas bordelais d'origine, mais je le sais, ont fait des festivals rock. En plus, ce sont les mêmes qui après jouaient à Mont-de-Marsan, qui aujourd'hui encore se reforment, font des compiles, etc. Donc il y a une base super vivace. Et ça perdure, regarde n'importe quelle compil genre "Nouveau rock'n'roll français", tu as les Magnetix, The Film, qui sont vraiment bons, chacun dans leur genre. Pareil, y'a une double compil lyonnaise en hommage au Gun Club, tu trouves plusieurs formations bordelaises dont les Jakes d'OD.
 

Peut-être un peu plus depuis 4/5 ans ?

Patrick : non, j'ai l'impression que ça c'est renouvelé tout le temps.
Lys : la différence, c'est la qualité, le son et la technicité. Un groupe qui arrive et fait son premier concert, tout de suite il est dedans, c'est calé. Alors qu'il y a 20 ans, les premiers concerts étaient hyper-touchants mais quelque fois aussi n'importe quoi, et ça on l'a pas inventé, les petits groupes qui sortent le montrent assez, tout le monde le reconnaît...
 

Justement, qu'avez-vous pensé des Naast hier ?

Patrick : entre le voyage et les gens à voir, j'étais fatigué, ne suis pas allé devant, mais je les ai trouvés sympathiques et rafraîchissants.
 

Patrick, qu'est-ce qui compte le plus pour toi, l'écriture ou la musique ?

J'ai une image pour ça : les deux permettent de marcher plus droit, une jambe pour l'une, la seconde pour l'autre.
Y'en a une qui reste vachement plus dans l'imaginaire, le symbolique, c'est la musique, alors que l'écriture semble plus ancrée dans le réel, et disons que je crois que ça penche côté musique, parce que le plus vivant et le plus proche des gens, il se passe finalement plus de trucs.
Et en même temps, un des rares sports que je pratique étant l'ascétisme social, ça me rapproche de l'écriture, se retrouver face à soi-même, prendre du recul et tout. Mais heureusement qu'on n'a pas à choisir des fois, j'ai beau aimé les trucs tranchés, radicaux, là j'ai envie de dire "pourvu que les deux soient permis, que ça dure..." Et puis l'un repose parfois de l'autre, dans le bon sens du terme, il faut pouvoir recharger ses batteries. A force de mariner dans ton jus, faut pas que ça s'assèche, donc faut aller voir ailleurs, rebondir. Même si certains musiciens se révèlent parfois difficiles à supporter...
Lys : je crois que c'est la règle, avec des gens sensibles, donc ils ont des relations un peu vives des fois, mais comme nous, ce ne sont pas forcément des personnes faciles à vivre tout le temps, c'est à la fois des rapports formidables, sans être toujours serein ou simple.

Te rappelles-tu les premiers concerts que tu as vu ?

Patrick : ah oui, très bien, avant même Dentists (futurs Play Boys, dont on parle sur le fort intéressant http://sdz.free.fr), le premier c'était Abject à Nice, un groupe de punk rock qui incarnait à mes yeux tout ce qu'était aussi 77, à tel point que c'était rockab' et sonnait heavy à la Stooges, rockab' parce qu'avec des racines fiftos, dans mon souvenir, le chanteur d'Abject ressemblait plus à un Elvis punk qu'à un Rotten ou à un Strummer. Et les premiers disques importants c'était Asphalt et les Pistols...
Lys : moi ça  n'était pas aussi pointu, je ne baignais pas du tout dans ce milieu-là, le premier disque acheté c'était Dylan sans savoir qui c'était en fait, et ensuite ça a du être les Sex Pistols, Clash, mais pareil, c'était de la découverte. Après j'ai rencontré des musiciens, je devais avoir 17 ans, mais c'était des requins de studios, de vieux musiciens qui devaient avoir notre âge maintenant (rires), mais qui avaient tourné avec des gens comme Hugues Aufray, Nougaro, des pros retirés des voitures, dans le Périgord, très rigolos, qui m'ont fait découvrir des trucs comme Marianne Faithfull, Little Feat, Joe Jackson, Kid Creole...
 

Peut-on regretter les 70's/80's par rapport à maintenant ?

Lys : maintenant, non, mais tu nous aurais posé cette question dans les années 90...
Patrick : c'est pas une question d'avoir de la nostalgie, je crois qu'en revanche il y a des rapports de hiérarchie et d'impact collectif ; il y a eu des trucs qui aujourd'hui encore sont impeccablement bons, tout le monde semble le reconnaître... En revanche, côté electro, quand on essayait de faire croire qu'il y avait que ça qui en valait la peine, parce que c'était en plein boum... pfff !
Lys :... et qu'il fallait brûler tout le reste...
Patrick : ... voilà, tu étais obligé de t'insurger !
Lys : on est contents que tout ça soit finalement un peu
derrière.
Patrick : j'ai un sentiment un peu bizarre, qui s'accentue, et je ne sais si je plane, ou si je commence à devenir ethéré à ce point, mais j'ai l'impression que ça ressemble, dans le côté atroce et tristoune, sombre et formaté que je voyais quand j'étais gamin, on regardait les adultes en se disant ils sont vraiment menaçants et horribles, et en même temps l'impression comme dans les heures cruciales des 70's, qu'il y a un truc qui s'annonce, où de nouveau ce qui compte se trouve réhabilité, reviennent, et comptent pour les gens, les gamins hier, portaient des futs en cuir, les filles des diadèmes, y'avait du glam et du décadent, des frous-frous, elles étaient contentes d'être là, et l'entrée du gig ressemblait de nouveau vraiment à celle d'un concert, avec ces grappes qui soignaient leur look.
 
 

Je rencontre des musiciens de 24/25 ans commeThe Film, qui me citent des groupes que je devrais connaître, donc non seulement je sais que j'ai des lacunes et ça me le rappelle, mais je suis complètement épaté et ça me fait tellement plaisir que je trouve cela très troublant, et des fois j'ai l'impression qu'il va y avoir une effervescence aussi considérable qu'il a pu s'en passer. Et puis des fois, je me dis que j'y crois encore un peu trop, mais on va citer toujours les mêmes parce qu'on les adore, Darc a enfin sa juste place, Eudeline de plus en plus aussi. C'était quand même navrant en plein "Nijinski" (l'album de DD mid-90's), que les gens ne se rendaient pas compte, ils s'en rendent compte maintenant, on ne va pas regretter que tout ça se passe comme ça.

Il y a des gens qui ont connu les 70's, et qui sont dans les bons rôles. Manoeuvre, on le voit sur I-Télé avec Burgalat, ils sont fun-issimes, je regardais le Rock Press Club avec très grand plaisir ; hier soir, il y avait des gens comme Busty, ça donne un axe réjouissant...
Lys : hier, ça allait de 14 à 50 ans (The Naast/Patrick Eudeline au Tryptique), c'est fabuleux de voir ça !
Patrick : je regrette moins cette espèce de vulgarisation terrible qu'il y a eu à un moment donné, où soi-disant tout le monde connaissait tout, juste en lisant le dernier "Inrocks", où tout le monde était rock, alors que je trouve ce qui se passe maintenant plus réel.
Lys : c'est plus frais, plus sincère. Au début, "le retour du rock" ressemblait à une mode, une question d'apparence, pareil pour les commémorations du punk, on était furieux de voir des tee-shirts vendus déjà déchirés avec des épingles à nourrice fichées dessus...

Patrick : comme tu vois, je suis aussi noir que toi, mais je me souviens de ces années où je cherchais du vert bouteille, n'importe quelle couleur pour ne pas ressembler à tous ces mecs qui s'habillaient en noir, et je me disais "ils nous ont même pris ça !", j'avais l'impression que tout était perdu. On a oublié que c'était génial d'effrayer monsieur-madame, parce que tu te reconnaissais avec tes frères de l'ombre, et tu ne te trompais pas. Alors qu'il y a eu tout ce temps, où je me plantais en branchant certains qui avaient de bons looks, j'étais catastrophé : ils n'avaient que ça ! C'est des moments super-tristes où tu ne crois plus en rien, même si c'est épidermique, superficiel, c'est aussi très révélateur...
Lys : en fait, c'est pas les gens qui ont le plus de look, qui sont le plus rock ou le plus punk, c'est évident.
 

Par rapport à ta chanson, qui sont vraiment "Les Virtuels" ?

Patrick : tous ceux sur lesquels il faut taper sans hésiter, parce qu'ils sont creux justement, mais toujours là pour te faire la leçon, quoi que tu aies envie de faire, ou de simplement tenter.
Lys : parce qu'ils ne vont pas au bout ni des choses, ni  de leurs rêves.
Patrick : dans le morceau, ils y passent tous...
Lys : ils te disent comment il faut vivre, gagner sa vie, faire ci, faire ça, et ils oublient de préciser qu'ils n'ont pas fait tant de choix que ça, mais suivi un courant, qu'ils vivent à moitié, et ce sont les mêmes qui ensuite se plaignent parce que tout d'un coup ils ont 40 ans, et qu'il n'y a rien derrière ou devant.

Patrick : j'ai toujours tout eu contre le boulot, je ne me lève pas le matin pour ça...
Lys : "Les Virtuels" je l'adore, la connais par coeur parce que je le rejoins totalement là-dessus. C'est une abomination générale de tous ces gens qui croient être dans le vrai et qui ne font que faire semblant. A la limite, je préfère quelqu'un qui a une vie simple et qui l'a choisie, qu'un artiste qui joue un rôle, qui suit l'air du temps, pas par intelligence, le second ou le troisième degré, normalement c'est un signe d'intelligence, c'est des tiroirs, comme Peter Greenaway qui a douze niveaux de lecture dans ses films, comme les douze apôtres... Mais pour beaucoup de gens après, le second degré c'est parce que justement on n'ose pas aller au front, prendre des risques, être devant, au premier degré, sincère.
Patrick : ou alors ces ectoplasmes de l'art contemporain et assimilés, par exemple, qui travaillent en fonction du budget qui va leur être alloué, qui produisent exactement le genre de projet esthétique qui va leur assurer leur salaire, leur pitance, sans défendre un univers, sans avoir forcément des choses à dire, qui ont juste compris comment fonctionnait le système. Aujoud'hui, j'abomine en permancence par exemple la façon dont les gens essayent de te faire croire qu'ils vont te vendre quelque chose dont tu es sensé avoir besoin, des VRP de l'existence, c'est ça "Les virtuels" !
 

Patrick Eudeline vous a-t-il influencé ?

Patrick : beaucoup, et je crains que ce soit pour la vie (sourire). L'un des premiers contacts avec la fibre eudelinienne -comme Lys je ne baignais dans rien du tout, j'ai fait mes armes et ma culture seul-, je m'en souviens très bien, c'est quand j'ai acheté "L'Aventure Punk" en plein 77, et je revois encore la librairie de la rue piétonne de Nice où ça s'est joué. Et dans le foulée, je me souviens avoir commandé chez le disquaire le EP d'Asphalt. De façon concomitante, en quelques mois, je me suis tout pris ; j'avais déjà dû voir fin 76, une bonne émission de télé tard le soir, où il y avait les Ramones, Patti Smith et les autres, tous ces gens en noir avec des Perf' et déjà ça me parlait, c'était le début de quelque chose de merveilleux, enfin !
Je voyais des mutants comme dans "Strange", sauf qu'ils étaient réels, enfin je voyais des freaks comme dans les films, sauf qu'ils faisaient du bruit, donc je tendais l'oreille, tout allait dans le même sens...

Et Patrick est apparu, c'était incroyable de le lire, extraordinaire de l'écouter. J'ai toujours adoré comme il chante, ce qu'il raconte, des images à tomber à la renverse. Et même si, évidemment, à l'époque je n'avais pas la culture pour me rendre compte ce qu'il y mettait, de tout ce que cela signifiait par rapport au rock'n'roll, au rhythm and blues et tout, peu importait : "Déconnection ! C'est la grande déconnection !" Quel divin appel, aujourd'hui encore... C'est bien simple, longtemps j'ai pas mal picolé et tout, et chaque fois que j'étais décalqué, je chantais en boucle "Love Lane", ou "Asphalt Jungle bébé !". Parmi ces chansons que tout le monde, mort-bourré m'a entendu chanter partout pendant des décennies, y avait entre autres toujours celles d'Eudeline.
 

Quelque chose à rajouter ?

Lys : tu m'as demandé si je préférais la peinture ou la musique. J'avais envie de toucher les gens, de les faire entrer dans mon univers, de faire ce que je n'ose pas dans la vie, et la musique m'a permis ça, d'aller vers les gens, c'est un art complètement populaire, alros que la peinture reste élitiste. J'avais envie que ma peinture soit démocratique et populaire, c'était terrible, ça ne l'était pas, c'est vraiment réservé à une certaine classe, qui a un peu de culture et d'argent. Alors que tout le monde peut écouter de la musique, c'est plus ouvert, ca touche plus de gens, et j'avais certainement des trucs à dire, parce que je raconte la même chose dans ma peinture que dans la musique, c'est évident. D'ailleurs, des gens qui ne comprenaient pas ma peinture, au premier concert, m'ont dit "ca y est, j'ai tout compris à ta peinture, c'est génial, j'adore", en écoutant les paroles des chanons. Donc je raconte exactement la même chose, et là c'est reçu.

Julien Z,"L'Ordonnance", nov-déc 2005
 

D'autres rencontres-fleuve de 10 à 20 pages comme celle-ci, avec notamment, dans le 1 : Patrick Eudeline, le 2 : Stupeflip, le 3 : Marie France, le 4 : Métal Urbain et Ann Scott, le 5 : Daniel Darc et PE, le 6 : Virginie Despentes et Marc Dufaud, etc
"L'Ordonnance", contre 6 € port compris, à : Julien Zalewski, 18 rue Lucien Sampaix, 75010 Paris


 
 


 


lys reygor : oui !, ce pourrait être un autoportrait, dixit Patrick...

 
 
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